Communiqué de presse de l’ANEPF sur la PACES

Ah la PACES… Réussira-t-on à en sortir un jour ? Peut-être, peut-être pas, il n’empêche qu’aujourd’hui, l’ANEPF (Association Nationale des Étudiants en Pharmacie de France) se bat corps et âme pour faire prendre conscience aux instances décisionnelles telles que le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESR) de l’ampleur des dégâts. Il y’a un mois environ, l’ANEPF a envoyé au MESR un communiqué, pour rappeler l’urgence qu’il est d’arrêter de sacrifier des générations d’étudiants. En premier lieu un bref résumé pour les feignants et les pressés, et le communiqué à la suite, dans son intégralité.

Le communiqué en résumé :

En premier lieu, rappelons ce que nous avions déjà constaté à la fin de la toute première année de PACES : une baisse des résultats pour les admissions des étudiants en PACES dans la filière Pharmacie, un désintérêt pour la filière (choix par défaut, souvent le dernier choix derrière Médecine, Odontologie et Maïeutique), un système inadapté (admission en Pharma avec un 0 en UE spé pharmacie, système de QCM ne sélectionnant pas les meilleurs mais juste les « stratèges »), une année de formation passée à la trappe (des tas d’enseignements dédié uniquement à la sélection et non à la formation…). La PACES avait dès sa mise en place été dénoncée par l’ANEPF, et dès le mois d’avril 2011, lors de l’Assemblée Générale de l’ANEPF tenue à Caen, les corpos avaient voté le retrait de la filière Pharmacie du système PACES (vote s’inscrivant dans la continuité des demandes de l’ANEPF).
Ce qu’on peut aujourd’hui affirmer, après étude des résultats en L2 pharmacie, c’est que le taux d’échec est tout aussi accablant (pas difficile de faire la corrélation… Contrairement à ce que certains peuvent dire, non, ça n’est pas parce que « les étudiants ne veulent plus travailler »…)
Les chiffres parlent d’eux-même : 80% d’étudiants en L2 aux rattrapage (voire plus dans certaines facs…) et 20% de redoublements en moyenne… Coïncidence? Hm, difficile à croire.
L’ANEPF et ses administrateurs (les corpos) sont bien conscients du fait que nos études étaient inchangées depuis de nombreuses années et qu’il y a un besoin de remise à jour. Mais la PACES est loin d’être la solution, même son « créateur » n’en est pas satisfait… À l’heure de la loi HPST et des nouvelles missions du Pharmacien, il est temps que ceux qui en ont la capacité prennent les choses en main pour sauver la formation au diplôme de Docteur en Pharmacie, afin que les futurs professionnels que nous sommes puisse trouver sereinement leur place dans le parcours de soins du patient.

Bon ok, comme résumé il y’a plus succinct, mais il paraît que le thème en vaut un minimum la peine…

Et voici comme promis, le communiqué de presse sur la PACES dans sont intégralité.

PAES : Le désastre prend de l’ampleur

Deux ans après la mise en place de la Première Année des Études de Santé (PAES) dans les universités, le constat est toujours aussi affligeant, malgré les maigres améliorations qui ont pu être mises en œuvre. L’échec de cette réforme, désormais constaté par toutes les instances et non plus seulement par l’Association Nationale des Étudiants en Pharmacie de France (ANEPF), n’est il pas aujourd’hui suffisant pour qu’une remise à plat du système soit enfin envisagée ? Combien de générations d’étudiants faudra t’il encore gâcher pour que le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESR) prenne les choses en mains ? Force est de constater que cette réforme, subie par les étudiants en première année, n’a rempli aucun de ses objectifs premiers et représente une véritable catastrophe pédagogique, notamment pour les études de pharmacie. Pour l’ANEPF, cela ne peut plus durer.

La PAES est une année de sélection pure : elle n’apporte aucune formation de base pour aborder de façon sereine des études de pharmacie aujourd’hui. Nous regrettons fortement d’avoir perdu notre première année de formation et d’avoir ainsi privé nos études de deux semestres entiers d’enseignements qui étaient nécessaires aux étudiants en pharmacie. Cela se répercute fortement dans l’organisation générale des études, qui a été largement condensée dans les années correspondant au Diplôme de Formation Générale en Sciences Pharmaceutiques (DFGSP), car il a fallu insérer dans ce dernier tous les enseignements qui ne sont désormais plus abordés en première année et ceux qui devaient l’être dans les années supérieures.

La première conséquence de cette condensation des enseignements a été le fort taux d’échec en Licence 2 Pharmacie lors de l’année universitaire 2011-2012. En effet, dans les 24 facultés de Pharmacie, ce sont près de 80% des étudiants qui sont allés aux rattrapages, pour une ou plusieurs matières, et, ce sont au final 20% des étudiants de cette promotion qui ont été condamnés à redoubler cette L2. Ce taux d’échec, inacceptable pour l’ANEPF, est multifactoriel : une grande majorité de ces étudiants avaient fait le choix de la filière pharmacie par défaut lors de leur PAES : ils n’avaient pas présenté l’UE spécifique Pharmacie ou avaient obtenu à cette dernière la note de 0/20. De plus, cette première année, de par le fait qu’elle soit sanctionnée par un concours et par son manque flagrant de pédagogie, a sélectionné des « stratèges » plus aptes à remplir des QCM qu’à établir un vrai raisonnement scientifique. Enfin, il ne faut pas oublier que la filière pharmacie, qualifiée par le MESR de grande perdante de la réforme, a récupéré un grand nombre d’étudiants en L2 ayant obtenu 7/20 de moyenne au concours de la PAES.

L’ANEPF se demande comment un tel nivellement par le bas de ses études lors de la première année pourrait ne pas se répercuter au fil des ans. Aujourd’hui, la volonté de l’ANEPF est de rehausser le niveau des études de pharmacie, notamment via sa participation à la mise en place de l’actuelle réforme, qui permettra la formation de véritables professionnels de santé. Le métier de pharmacien est actuellement en pleine évolution avec l’apparition de nouvelles missions, comme l’accompagnement des patients sous anticoagulants oraux ou le suivi des maladies chroniques.
Cette évolution nécessite l’acquisition de connaissances pharmaceutiques solides, piliers de l’éducation thérapeutique. C’est cette notion incontournable qui permet au pharmacien d’assurer son rôle de professionnel de santé à part entière, afin d’accompagner au mieux le patient, acteur principal du système de soin en France.

L’ANEPF souhaite vivement que le MESR prenne conscience des conséquences désastreuses de la PAES sur l’ensemble de notre formation et se demande si de telles lacunes, présentes dès le début de la formation des futurs pharmaciens, n’entraineront pas une dégradation de la qualité de l’offre de soin et de la santé publique en France. C’est pourquoi l’ANEPF demande à nouveau une sortie de la filière pharmacie de la PAES et la création d’une véritable L1 pharmacie.

Auteur

Géo, Secrétaire & délégué ANEPF pour l'ACEPC Corpo Pharma Caen Elu au CA de l'UCBN, pour la Fédération Campus BN.