L’Ordre des pharmaciens dans le cadre de la PAES cherche à mieux faire connaitre les différents métiers de la profession de pharmacien. L’Ordre a lancé depuis Septembre 2010 une campagne intitulé « Pharma c’est pour moi ! ». Cette campagne s’articule autour d’un site sur lequel on peut retrouver des fiches très bien faites et complètes décrivant les nombreux métiers que l’on peut exercer avec le diplôme de pharmacien, aussi bien dans la biologie, l’industrie, la distribution, l’hôpital et bien sûr l’officine.

Pour promouvoir sa campagne (et nos études ;)) l’Ordre a réalisé une vidéo de 5 min, bien réalisé et complète, et qui vaut le coup de s’y arrêter !

Voici les différentes fiches que vous pouvez retrouver sur le site de l’Ordre :

Le site de l’Ordre dédié à l’opération.

Etaient présent pour intervenir autour de cette table ronde :

  • Thierry BARTHELME Président de l’UTIP
  • Jean-Charles TELLIER Président de la section A du conseil national de l’ordre des pharmaciens (CNOP)
  • Jérôme PARESYS-BARBIER Président de la section D du CNOP
  • Pierre BEGUERIE Président du conseil de l’Ordre des pharmacien d’Aquitaine
  • Anne-Sophie LASSABE Présidente régionale de l’USPO
  • Claude JAPHET Président de l’UNPF
  • Martial FRANCOIS Président régional de la FSPF
  • Maxime BELTIER Président de l’ANEPF

M. Japhet souligne que les décrets correspondants à la mise en application du « pharmacien correspondant », ainsi que des nouveaux « services » prévus comme missions du pharmacien ne sont toujours pas passés. D’ailleurs le texte régissant les nouvelles missions et services du pharmacien a été rejeté par le conseil d’état pour cause de manque de précision de ces missions. Cependant une ré-écriture du texte est en cours.

M. Tellier reprend en soulignant qu’il reste beaucoup de travail, il ne faut pas louper cette année de mutation, et c’est pourquoi la profession et donc les syndicats ont tout intérêt à « s’emparer du texte pour ne pas louper le coche et exprimer son ressenti ».

Tout ceci nécessite un engagement important pour le pharmacien, pour les préparer à cette loi, afin de leur permettre d’apporter toute la qualité attendue de prestation et ce dès le début. Comment intégrer l’équipe officinale à cette loi ? Il faut diriger la voie officinale du bon côté.

« Les adjoints aussi sont concernés » annonce M. Parésys-Barbier. « Mutation OUI, mais pas seulement pour le pharmacien : le patient aussi est concerné (l’hôpital aussi). Il va falloir mettre en place une collaboration ville-hôpital importante. L’article 37 prévoit une retransmission de l’information de l’hôpital vers la ville » (ndlr : les informations concernant un patient donné : ses particularités et surtout le traitement à mettre en place de façon à l’avoir en stock au moment où le patient va arriver en ville pour le chercher par exemple).

De là Maxime BELTIER demande si le rapport Rioli est encore d’actualité.

Réponse de Melle Lassabe : « Oui, il s’agit d’une explicitation de la loi HPST on apprend déjà beaucoup de chose dans nos études, choses qui aujourd’hui ne sont pas « mises en application ». Demain la loi HPST nous le permettra, le pharmacien sera la charnière entre le patient et le réseau de soins. »

Réponse de la FSPF : « Il faut donner les moyens à l’officine d’évoluer, mettre les moyens économiques et formation pour pouvoir s’approprier les nouvelles missions« .

Parmi ces missions, on retrouve une sorte « d‘arbitrage des traitements« , mais aussi un renforcement des formation continues afin d’améliorer toujours plus la qualité des prestations.

« Les pharmaciens sont-ils, aujourd’hui, préparés ? » (M. Beltier)

M. BEGUERIE : « La loi décrit des missions qui sont déjà assumées par les pharmaciens. Les 3/4 de la loi sont déjà mis en place depuis des années. Le véritable changement est la mise en place q’une quantification tarifaire de ces services actuels. Il faut continuer à se perfectionner et se former. »

« La loi va tout simplement cadrer et décrire les missions, cela pourra être opposable juridiquement pour justifier les devoirs et missions pour tous les pharmaciens. Cependant l’article 36 parle de « dépistage et prévention », pourquoi attendre les décrets pour le faire ? »

« L’exercice de la profession sera clair et défini. Tant que ce n’est pas écrit et dit, des pratiques décalées à la limite de la déontologie ne peuvent pas être réprimées. »

Les enjeux sont importants, la diminution de l’offre médicale est réelle, pour exemple on peut prendre la diminution du nombre de médecins généralistes. Tout ceci pour une augmentation de la demande de soins (« papy-boom » et vieillissement de la population). Il faut que quelqu’un réponde à ce manque ; on ne voit que deux professions capables de le faire : les pharmaciens bien sur, mais aussi les infirmiers. Il se peut qu’il y ait une compétition entre les deux professions dans le futur. Les pharmaciens ne doivent pas laisser passer la main, ils peuvent déjà s’appuyer sur la structure en dure de l’officine, des locaux bien agencés avec un accueil facilité pour subvenir rapidement à ces besoins.

La table ronde s’est fini sur une ultime question :

« Où en est-on avec le concept de -Conseil pharmaceutique- ? » (ndlr : concept qui consiste à faire une mini « consultation » en officine). Ce concept est en fait le plus difficile à faire avancer, c’est en effet l’élément le plus critiqué par les médecins qui voient en cette idée une perte de leur « monopole » de consultations.

par Thomas Hautemanière